L'église et l'orgue de
Saint-Bernard-de-la-Chapelle


 

Périodiquement au cours de l’histoire, l’« archipel » de communes autour de Paris est réuni à la capitale, pour faciliter la défense, l’administration ou simplement la vie quotidienne des parisiens. C’est de la sorte que l’ancien village de la Chapelle a été englobé par la ville, à l’instar de ses homologues et voisins de Montmartre, Batignolles, etc. C'est encore dans le village de La Chapelle, en 1854, que le conseil municipal décide la construction d'une nouvelle église, la population, en raison de la fabrication des voies et des gares de chemin de fer toutes proches (Gare du Nord et Gare de l'Est) ainsi que des grands chantiers parisiens (coupes et reconstructions haussmanniennes), ayant cru considérablement. Mais c'est désormais dans un quartier de la ville de Paris que, comme le rappellent les deux plaques apposées près de la porte d’accès à la tribune. la première pierre de l’église actuelle fut posée le 10 août 1858 et que l'église elle-même fut consacrée en 1861. Malgré tout, ce sont encore le maire et les conseillers municipaux de l'ancienne commune de La Chapelle, son curé et l'architecte de la nouvelle église, qui, à la manière médiévale, sont représentés sur les chapiteaux des piliers de la nef et du choeur. La patron de l'église est Saint-Bernard-de-Clairvaux, censé être passé par la chapelle Saint-Denis, l'ancienne église, et à Montmartre, au milieu du XIIe siècle.
L’État, promoteur des grands travaux parisiens, du chemin de fer, et garant du prestige de sa ville-capitale, finance aussi les infrastructures qui facilitent la vie aux populations qui s'installent, comme l’eau, l’éclairage public, et, bien entendu, l’église.

Le grand orgue et l’orgue de chœur ont été commandés au prestigieux facteur, Aristide Cavaillé-Coll (1811-1898), déjà connu par de nombreux instruments en province (Cathédrales de Quimper, de Saint Brieuc, de Laval, de Toulouse, de Perpignan, de Carcassonne, d’Ajaccio etc.), et surtout par ses instruments parisiens : le grand-orgue de la Basilique de Saint-Denis (1841) et celui de La Madeleine (1846), encore construits avec son père, puis ceux de Saint-Vincent-de- Paul (1852) et de Sainte-Clotilde (1859), construits par lui seul. Quand il se lance dans la construction de celui de Saint-Bernard, il a en cours de fabrication l’orgue de l’église Saint-Sulpice, qui sera inauguré en avril 1862. Les 25 jeux de Saint-Bernard sont bien peu comparés aux 100 jeux de l’orgue de Saint-Sulpice, qui restera près d’un siècle le plus grand orgue de France, mais il ne sont pas moins exceptionnels a bien des titres !