L'Orgue, un instrument orchestre

 

Grand Orgue de Saint Bernard de la Chapelle, vue de face

Claviers, tuyaux, manettes, tirettes, jeux, pédalier : la variété des termes utilisés quand on joue de l’orgue traduit à elle seule le grand nombre de possibilités sonores de l’instrument, et la très grande palette de possibilités et nuances qui s’offrent au compositeur et à l’instrumentiste. Pourtant, l’ensemble de cette mécanique complexe repose sur un principe de base unique. Comme dans une flûte a bec ou dans un haut-bois, on fait circuler de l’air, qui fait sonner (on dit souvent chanter) un ou plusieurs tuyaux de l’instrument. En fonction de la forme, de la longueur et de la taille du tuyau, de la manière dont l’air y est insufflé, le son varie.

Mécanisme de fonctionnement d’un orgue
Source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/dd/Sommier_Orgue_2.svg

Installé dans un vaste meuble de bois sculpté (le buffet), qui peut devenir en lui-même une œuvre tout à fait somptueuse, le mécanisme de l’orgue est extrêmement complexe. Son volume dans l’espace et sa capacité sonore en font un géant musical adapté aux grand espace des églises et des temples.

Orgue de Saint-Bernard, Détails du buffet. Cavaillé-Coll, 1862

L'orgue est l'un des plus anciens instruments occidentaux, mais c'est aussi le plus volumineux. Il est considéré comme le roi des instruments, de par ses allures de géant, mais aussi parce qu'à lui seul il peut reproduire le son des instruments de tout un orchestre.

Les tuyaux de l'orgue reposent sur un coffrage en bois, percé de multiples trous, appelé sommier. L’air, compressé par une soufflerie a main (autrefois) ou à moteur (aujourd’hui), est stocké dans le sommier, qui le redistribue de manière régulière sur les différents tuyaux.

L’orgue de Saint Bernard comporte deux claviers et un pédalier. Les claviers classiques comportent de 48 à 56 notes.

Quand l’organiste appuye sur une touche de son clavier, ou une pédale de son pédalier (clavier qui se joue avec les pieds) en activant le jonc (voir schéma), depuis sa console, poste de pilotage de l’instrument, une soupape laisse passer l’air, qui peut, en fonction des tirants qui sont actionnés faire chanter les différents jeux de tuyaux, c'est-à-dire ensembles de tuyaux de forme et de son différents. Les tuyaux visibles sont nommés les montres, puisqu’ils sont montrés à l’extérieur. Mais un grand nombre de jeux reste caché aux auditeurs.

Les jeux de l’orgue sont constitués d'un ensemble de tuyaux, en général 56 du même timbre (par exemple haut-bois, flûte ou trompette). On les caractérise par leur timbre, et la hauteur du plus haut tuyau, donnée en pieds. Les plus graves font 32 pieds maximum, les plus aigus 1 ou 2 pieds. Pour faire varier les sonorités, on peut faire entendre plusieurs à la fois.